Tout est une question d'équilibre.

18/01/2017

De plus en plus de grands groupes prennent en compte l'humain et la planète, aussi dans une quête de rentabilité. Le Club de l'innovation positive de Sparknews accompagne des entreprises dans leur démarche.

Le profit peut aussi faire bon ménage avec le bien commun. Ainsi, avec pragmatisme, les grandes entreprises sont de plus en plus nombreuses à prendre en compte l'humain et la planète.

La transfor­mation de la société est en marche et elle passera aussi par les grands groupes

Sandra de Bailliencourt, Sparknews

«La transformation de la société est en marche et elle passera aussi par les grands groupes, affirme Sandra de Bailliencourt, responsable du Club de l'innovation positive au sein de l'agence Sparknews, qui fête aujourd'hui son premier anniversaire. Pour attirer les jeunes diplômés qui se détournent des grandes sociétés, séduire les consommateurs qui cherchent des produits qui ont du sens et aussi parce que les pays émergents deviennent un nouveau relais de croissance, les sociétés font évoluer leur modèle économique». Sandra de Bailliencourt accompagne les grands groupes à répondre à ces nouveaux défis planétaires. L'objet du Club de l'innovation positive est de montrer ce qui a marché ailleurs. «C'est un peu la preuve par l'exemple!»

Recruter et fidéliser

Ainsi, L'Oréal qui a mis en place un socle commun de protection sociale. Depuis 2013, le groupe applique à ses 82.900 salariés les mêmes avantages (frais de santé, prévoyance, parentalité) dans les 68 pays où il est présent. Les employées de L'Oréal bénéficient de 14 semaines de congés maternité intégralement payées, soit plus que les 8 semaines en vigueur en Malaisie ou encore les 10 semaines payées à 4/5e à Hongkong. D'autres groupes ont emboîté le pas au géant des cosmétiques. Depuis le 1er janvier, Kering et Axa appliquent eux aussi les mêmes congés de maternité, paternité et adoption à tous leurs salariés. Mastercard a, lui, fait passer le congé paternité à huit semaines avec l'intégralité du salaire garantie. Un moyen, pour les groupes, de recruter et fidéliser leurs salariés.

D'autres groupes ont choisi de combattre la pauvreté et le chômage en créant des activités rentables. Pionnier en la matière, Danone a très tôt suivi les conseils du Prix Nobel de la paix en 2006, Muhammad Yunus, fondateur au Bangladesh de la Grameen Bank, dédiée au microcrédit. Le groupe agroalimentaire a conçu des yaourts à bas prix au Bangladesh, distribués avec les moyens locaux: des femmes font du porte à porte en camionnettes ou rickshaws réfrigérés. Danone a ensuite multiplié les initiatives économiquement viables.

Certains ont mis au point d'autres modèles combinant justice et efficacité. Par exemple, Lafarge propose des logements abordables dans les pays en développement en se basant sur les structures locales. Le cimentier a mis au point une brique bon marché dont la fabrication est moins émettrice de CO2. Ces activités rentables constituent un nouveau relais de croissance pour les groupes.

D'autres grands groupes tentent également d'intégrer la transition énergétique dans leurs outils de production, à l'image de LVMH qui a instauré son propre prix du carbone. La tonne de CO2 est valorisée 15 euros et chaque filiale évalue le montant de ses émissions de gaz à effet de serre. Ces sommes sont ensuite investies pour améliorer l'efficacité énergétique du groupe. Par exemple, les magasins ont pu réduire leur consommation d'énergie en s'équipant de LED, en isolant les toitures ou en utilisant des énergies renouvelables.

Tout l'enjeu est aussi de s'assurer que les sociétés n'utilisent pas uniquement ces initiatives pour soigner leur image. «Nous nous assurons que les projets existent vraiment, souligne Sandra de Bailliencourt. Et les sociétés ne communiquent pas toujours sur des projets altruistes ou innovants.»

Source: Le Figaro

Lire plus