Bonheur contraint, malheur certain

Le 28/10/2016

Il faudrait être tout le temps heureux et épanoui, y compris au travail. Mais cette injonction au bien-être perpétuel, devenue une tendance lourde des services de ressources humaines dans certaines entreprises, peut s’avérer contre-productive.

Après l’engouement suscité par les nombreuses publications consacrées au bonheur au travail, le balancier repartirait-il dans l’autre direction ? Sous le titre Against happiness (« Contre le bonheur »), l’auteur de la renommée chronique Schumpeter du magazine britannique The Economist du 24 septembre s’élève contre cet oukase, qui voudrait faire du bonheur une nouvelle norme.

Cette rubrique de notre confrère britannique étant bien souvent annonciatrice de tendance, il importe d’y prêter attention. L’auteur s’y moque des « jolly good fellows » (« bons camarades ») de Google, chargés de diffuser bonne humeur et empathie parmi les salariés. Ou de ces directeurs des relations humaines transformés en « chief happiness officers » (« chefs du bonheur »), selon leur carte de visite.

Ils ne sont plus des exceptions. De nombreux consultants, organisateurs de séminaires et autres conférenciers ont fait de l’initiation à cette attitude managériale un business rentable et prêchent la bonne parole. Ce qui en accélère la diffusion.

Source: Le Monde
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